SPINA . Création . Théâtre et Arts visuels 12 avenue du Point du Jour 69005 LYON  / Tel. +33 (0)6 99 05 12 12 / contact@spina-theatre.com  

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 Dans ses créations théâtrales, SPINA collabore régulièrement avec  des marionnettistes aux horizons singuliers,
comme Paulo Duarte / cie MECANIkA  pour MARX (Un Conte d'Hiver)

Clément Peretjatko / cie Collapse pour UN JEU ( Rien qu'un jeu)

Patrizio Dall'Argine / Teatro Medico-Ipnotico pour INDRA ( Un Songe de Strindberg)
 

Avec Teatro Medico-Ipotico (parma-It), SPINA développe une complicité particulière pour développer  les oeuvres de Patrizio Dall' Argine en français, sur le territoire francophone

Leonce und Lena

 

Adaptation pour théâtre de marionnettes de l'oeuvre de Georg Büchner.

Conception/Interprétation
Patrizio Dall’Argine

Veronica Ambrosini
 

Assistanat / Interprétation
Silvano Voltolina

Théa & Virginia Ambrosini

Création marionnettes et décors

Patrizio Dall'Argine

 

Musiques originales

Marco Amadei

Luca Marazzi

 

Production

Teatro Medico Ipnotico
SPINA. Création. Théâtre & Arts visuels

 

 

 

L’HISTOIRE


Le prince Léonce et la princesse Léna ne se connaissent pas mais ils sont promis l’un à l’autre. Ils s’y refusent et fuient.

Dans cette fugue, leurs destins se croisent, entre rêve

et réalité, le temps d’une nuit fantasque où ils tombent éperdument amoureux.

 

Le lendemain, sans connaître leur véritable identité, ils rentrent au royaume de Popo déguisés et bien décidés à s’unir quitte à subir les foudres de leurs pères respectifs.

 

Quand les masques tombent c’est une célébration joyeuse qui les accueille puisqu’ils viennent annoncer le mariage auquel ils étaient destinés.

 

 

Le peuple est comme un enfant, il a besoin de tout briser pour voir ce qu'il y a à l'intérieur.

 

Georg Büchner

1/6

La pièce relate le sentiment d'ennui qui suit l'échec des révolutions, les automatismes de la vie sociale, l'énergie panique du désir et de la nuit qui voile et dévoile les pulsions. Leonce und Lena avait été écrite pour un concours, dans l'espoir de recueillir assez d'argent pour vivre.
Le manuscrit a été envoyé en retard et a été retourné non décacheté.
 

C'est la première fois que je travaille à partir d'un texte. J'ai fait « une réduction », mais je ne me suis pas permis de changer un mot ou une action sur la structure dramatique pour la simple raison qu'il n'y en avait pas besoin.
 

C'est l'histoire d'un prince et d'une princesse qui fuient leur destin pour en rencontrer un autre. Ils s'éloignent d'eux-mêmes pour rencontrer leur propre projection, ils s'éloignent de leur personne pour rencontrer « une figure ». Ils s'éloignent de la matrice pour ne pas pourrir. C'est aussi une histoire de désillusion.
 

C'est comme si Büchner continuait à faire parler Danton, mais sous la forme de la comédie. Grâce à Léonce, Büchner nous dit qu'après la révolution on ne peut rejoindre qu’une chose, l'ennui. A travers le personnage de Valerio, il dit que les seules choses à chercher sont la folie et la beauté. Je ne sais pas si mon humble avis vous intéresse, mais je suis tout à fait d’accord avec eux.

 

Patrizio Dall'Argine

 

 

Pourquoi adapter Léonce & Léna à un théâtre de marionnettes ?
 

Büchner le suggère dans une lettre de juillet 1835 où il dénonce ces "soi-disant poètes idéalistes qui ne nous ont guère donné que des marionnettes aux nez barbouillés d'azur et au pathos affecté, mais non des êtres humains de chair et de sang dont je puisse partager les souffrances".
Léonce et Léna est une satire grinçante dont le point focal est d’éveiller les esprits contre les privilèges des puissants, les gaspillages des ressources et les abus de pouvoir envers les plus fragiles. C'est un jeune révolutionnaire en exil qui décrit cette démesure et l'affront que représente l'exhibition du luxe face à la misère. Il utilise les codes de la farce dans un décor féerique pour mettre en scène « un monde de merde » (les royaumes de Pipi et Popo) et rendre claire une fois de plus la mécanique sociale, son automatisme désespérant auquel l'art de son époque ne savait pas rendre la monnaie de sa pièce.
Büchner ne proposait pas une solution rassurante : l'homme ne vaut rien - c'est le néant moral et intellectuel, il n'est pas digne de ce monde. Sans conscience de ce vide, aucune révolution n'est possible car cela ne serait qu'un leurre qui finirait par faire revenir les choses à la case départ après mille atrocités.
 

Silvano Voltolina